Salle LIEUTENANT OSCAR DESNEUX
Si les salles Vrithoff et Royaux traitant de la lutte antiesclavagiste, de l'ouverture à la civilisation et des deux guerres mondiales sont exhaustives, si la salle Fernand Prinz consacrée aux règnes minéral, animal et végétal captive particulièrement les jeunes des écoles, si la salle R.P. Emeri Cambier témoigne de l’héroïsme, de la persévérance et des réalisations des missionnaires hommes et femmes, si la ville de Namur a confié au musée la garde de la collection la plus complète d’armes blanches d’Afrique Centrale lui léguée par la famille Nepper, le musée demandait cependant un exposé plus élaboré sur les arts africains traditionnels. Cet exposé sur les arts africains est réalisé par l'aménagement de la salle « Desneux », consacrée à l'ethnologie. Tirées de l’ombre des réserves, plus de 250 œuvres sont classées en fonction de leur appartenance ethnique et de leur valeur sociologique, indépendamment des limites territoriales imposées par la colonisation ou par l’administration de la République Démocratique du Congo. Chaque style est propre à chaque ethnie. Aussi, pour chacune, nous avons choisi des masques, des fétiches, des objets de la vie courante, des instruments de musique, de la vannerie, des armes et objets de chasse et de pêche. Une grande galerie vitrée, de près de dix mètres, est divisée en quatre groupes : Bas Fleuve et Kwango - Kasaï et cuvette centrale - Katanga et Kivu en passant par le Maniema - enfin la Province Orientale , l’Ubangi et les Uele. Quatre vitrines disposées face à cette galerie complètent la présentation des œuvres. Un écran DVD peut y montrer des films. Ainsi, on peut désormais comparer d’un coup d’œil la floraison des fétiches de l’art Kongo, l’exubérance des masques de circoncision des Yaka et des Suku, les spécialistes de la danse chez les Pende, avec leur tenue en raphia et la variétés des masques de danse. On est ensuite confronté à la splendeur de l’art de cour royale des Kuba avec les velours du Kasaï et les masques célèbres qui relèvent moins de la sculpture que de la broderie et du tissage, aux figurines de l’art Luluwa reliées au culte des ancêtres, pour en arriver à l’exubérance baroque , sensuelle des Tshokwe. Pour les gens de la Cuvette centrale, nous avons présenté des instruments typiques de chasse et de pêche très ouvragés des Mongo. Quand nous abordons l’art Luba, nous constatons un art tout de distinction et de calme, n’oublions pas que l’art Luba est un hymne à la féminité mais aussi très réaliste avec ses masques Kifwebe. Nous passons aux Songye pour présenter le chef d’œuvre du musée : le fétiche « de la Lindi », qui voyage beaucoup à travers le monde , très demandé par les expositions internationales. Nous remontons vers le Maniema pour entrer en contact avec la société secrète, le Bwami des Warega ou Lega et leurs statuettes-masques en ivoire que les adeptes portaient au bras en signe de leur grade. Ce troisième périple nous amène au Kivu, au Rwanda et au Burundi, avec surtout la tenue complète du danseur Intore et les tambours royaux du Burundi. Et qui connaît les règles du jeu de « Ngola » ? La quatrième partie comprend tout l’art musical des Mangbetu et des Zande, avec leurs trompes, leurs guitares et leurs tam-tam sans oublier les armes de jets. Les Gbandi et les Ngbaka ont un art plus élémentaire, mais très original dans la forme de leurs pipes. Enfin les Boa, les Wagenia et les Lokele de Kisangani ne sont pas oubliés, commerçants éprouvés, pêcheurs renommés ou artisans des célèbres chaises de Bengamisa ! Par cette présentation on peut constater toute la richesse et le diversité des arts traditionnels d’Afrique Centrale. D’autres ethnies y sont aussi représentées. Mais n’abordons pas ces oeuvres à un niveau plastique, purement esthétique. Non, la fonction de l’art traditionnel consiste à rendre visibles les choses , les réalités invisibles, comme la force vitale. Et les moyens utilisés par l’artiste donneront une tête puissante, un sein gonflé, des cornes, un nombril proéminent. Bref, par cette manière de présenter ces œuvres, nous espérons avoir réussi à exprimer avec intensité l’âme africaine. Une brochure, des séries de cartes et de fiches techniques, en français, en néerlandais et en anglais, sont à la disposition des visiteurs.
|