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Espace ANDRE RYCKMANS et COMMANDANT EMMANUEL KERVYN DE MEERENDRE

L'espace André Ryckmans & Emmanuel Kervyn de Meerendré, s'il ne présente pas de thème particulier, n'en propose pas moins des objets d'artisanat fort intéressants de par leur fonction et/ou leur facture.

Ainsi de très belles gargoulettes noires d'origine tshokwe, cruches à eau dont la plus belle est sans doute celle au couvercle orné d'un serpent tenant dans sa gueule une tortue, côtoient des cuillers en bois sculpté, des appuis-tête, des sièges...

Il ne faut pas manquer de s'arrêter devant l'impressionnant fétiche Lulua, hérissé de poils, ou devant le Kebe-kebe des Kuyu, ou encore devant les figurines tshokwe aux yeux en amande si caractéristiques.
C'est aussi dans cet espace que se trouvent, au milieu des pagnes de raphia, des negbe, à la fois sièges et parures fessières des femmes Ngbetu, ainsi que des croisettes. Ce sont des monnaies primitives coulées au Katanga. Elles étaient utilisées plus principalement dans la région avoisinante du Kasai, où elles servaient notamment aux transactions commerciales, au paiement des dots et des tributs à l'empereur des Lunda, le chef de la région (Mwata yamvo).

Les cuillers
Les Africains mangeaient généralement de la main droite. De nos jours encore, un étranger, entrant dans une case, peut se voir offrir une poignée de couscous puisée à la main dans un grand plat. Cependant, il y a eu en Afrique une grande quantité de cuillers, dont la plupart sont décorées de belles sculptures. Leur emploi n'était pas courant et correspondait à des situations précises. Les spatules et louches destinées à remuer les aliments durant la cuisson et à les servir sont d'usage assez récent. Les cuillers pouvaient remplir plusieurs rôles: utilisées lors des fêtes de village, de grandes cuillers sculptées confirmaient l'autorité d'une des femmes, ou bien elles servaient lors d'actes rituels, ou bien encore leur décoration raffinée contribuait à affirmer le statut social de leur propriétaire.

L'appui-tête
L'appui-tête était parfois très raffiné pour compenser la simplicité du couchage. Peu de gens, en effet, couchaient sur de vrais lits. Le quotidien du commun des mortels se constituait de nattes ou de lits de boue séchée. Les appuis-tête étaient destinés à préserver l'arrangement très élaboré de certaines coiffures, comme celle des femmes Ngbetu ou encore la coiffure mukote des Pende. lls permettaient de maintenir la tête à hauteur des épaules durant le sommeil. Mais ils dépassaient ce simple rôle utilitaire. Associés au sommeil, au rêve, ils pouvaient être le siège de forces occultes pour les Africains. C'est un objet très personnel qui ne se prête jamais.
 
 

 






 
 
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